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A propos

L'histoire de l'ouvrage militaire du Granon


L'ouvrage du Granon

Son histoire

L’ouvrage du Col de Granon

L’ouvrage du Col de Granon est un petit ouvrage d’infanterie de type CORF, dont la réalisation fut confiée à la Main-d’œuvre militaire (MOM) pour des raisons économiques. Prévu à l’origine comme un ouvrage mixte, il fut finalement réduit à une position d’infanterie et demeura inachevé au début de la Seconde Guerre mondiale.

Situé dans le secteur fortifié du Dauphiné, l’ouvrage avait pour mission de participer à la défense du secteur nord de Briançon. Il devait notamment défendre le col de l’Échelle, interdire le passage par le col de Granon afin d’empêcher un contournement des défenses de Briançon et couper à l’ennemi l’itinéraire menant vers Grenoble par le col du Lautaret.

1886-1931

Principales années de construction

5

blocs bétonnés

Objectifs de l'ouvrage du Granon

Renforcer la défense au nord de Briançon, 

  • La ville de Montgenèvre au Nord-Est.
  • Les pentes du Gondran et les sources de la Durance à l'Est.
  • Les cols du Chabeau et du Chenaillet.
  • La route de Briançon à Montgenèvre à l'Ouest.
  • La route de Névache et l'accès par le col de l'Echelle.
  • La ville de Briançon au Sud.

La conception et la construction

La décision de construire l’ouvrage est prise par la CORF à la fin de l’année 1931, conformément à la note 515/FA du 12 novembre 1931. Bien que ce secteur soit considéré comme moins urgent que d’autres, l’ouvrage doit permettre de jalonner la ligne principale de résistance au nord de Briançon.

Les premiers plans établis par la CORF en 1931 prévoient un ouvrage mixte, doté notamment de mortiers de 75 mm et de 81 mm. Le projet est cependant réduit en 1933 à un simple ouvrage d’infanterie. La construction est alors lancée peu après, mais les travaux connaissent une interruption entre 1935 et 1937.

Cette interruption explique l’état d’avancement encore limité de l’ouvrage à la fin de l’année 1938. À cette date, la chefferie de Briançon estime l’avancement général des travaux à environ 50 %. Le bloc 1 est alors coulé, tandis que les blocs 2, 3 et 4 ne sont pas encore réalisés. Les galeries sont creusées et partiellement revêtues, mais l’ouvrage ne dispose encore ni de son armement ni de ses équipements intérieurs. Les aménagements des dessus restent également à réaliser.

Face à l’aggravation de la situation internationale, les travaux sont relancés dans l’urgence en avril 1939 par le commandement du secteur fortifié du Dauphiné. À cette période, seul le bloc d’entrée est effectivement construit.

Les blocs 3 et 4 sont ensuite réalisés par le 82e BAF et le Génie. Ils sont achevés en avril 1940, à quelques finitions près.

Le bloc 2, en revanche, ne sera jamais coulé. Les fouilles ont bien été réalisées, mais les travaux s’arrêtent à ce stade. Les troupes alpines construisent alors, en contrebas du bloc 1, un blockhaus rudimentaire qui ne figurait pas dans le projet initial. Cet ouvrage, doté d’un armement de type CORF, n’est pas relié par galerie au reste de la fortification.

L’ouvrage du Col de Granon reste donc inachevé, avec les blocs 1, 3 et 4 coulés en 1939-1940, tandis que le bloc 2 n’a jamais dépassé le stade des fouilles.

L'ouvrage en détail

Bloc 1 — Entrée

Le bloc 1 constitue l’entrée de l’ouvrage.

Il est équipé de :

  • un créneau pour fusil-mitrailleur modèle 1924/29.

Bloc 2 — Casemate d’infanterie

Le bloc 2 devait constituer une casemate d’infanterie destinée à flanquer en direction de Roche Gautier.

Les fouilles ont été réalisées, mais le bloc n’a jamais été coulé. À son emplacement, un blockhaus rudimentaire a été construit par les alpins en contrebas du bloc 1. Cet ouvrage, qui ne faisait pas partie du projet initial, est équipé d’un armement de type CORF mais n’est pas relié aux galeries de l’ouvrage.

Bloc 3 — Casemate d’infanterie et observatoire

Le bloc 3 est une casemate d’infanterie destinée à assurer le flanquement vers la route de l’Olive. Il intègre également une fonction d’observation.

Il comprend :

  • un créneau pour jumelage de mitrailleuses Reibel MAC 31 ;
  • un créneau pour fusil-mitrailleur modèle 1924/29 ;
  • une cloche observatoire par éléments de type Normal.

Cette cloche dispose de créneaux de type A, pouvant recevoir un pistolet-mitrailleur, un mousqueton ou un mortier de 50 mm.

Bloc 4 — Couverture des dessus

Le bloc 4 assure la couverture des dessus de l’ouvrage.

Il est équipé d’une cloche GFM de type A, en petit modèle.

Bloc 5 — Ventilation

Le bloc 5 correspond à la cheminée destinée à l’évacuation des gaz et de l’air vicié.

La garnison

L’équipage de l’ouvrage du Col de Granon est composé d’un officier et de 70 hommes, principalement issus du 82e BAF (Bataillon alpin de forteresse).

Le commandement de l’ouvrage est confié au sous-lieutenant Bourdon de Nanclas. Celui-ci investit l’ouvrage à partir d’avril 1939, prenant la relève d’une SES (Section d’éclaireurs skieurs) du 159e RIA (Régiment d’infanterie alpine), commandée par le lieutenant Alain Le Ray.

Cette relève intervient alors que les travaux de l’ouvrage sont encore en cours et que le secteur doit être renforcé dans la perspective d’un éventuel conflit avec l’Italie.

L’alimentation électrique

L’ouvrage dispose d’un groupe électrogène de 3 CV équipé d’un moteur à essence.

La production électrique est limitée aux besoins de l’éclairage. L’électricité n’est donc pas destinée à alimenter des équipements ou des installations complexes, mais uniquement à assurer l’éclairage intérieur de l’ouvrage.

La bataille de juin 1940

L’ouvrage du Col de Granon ne participe à aucun combat terrestre en 1940.

Le 17 juin 1940, à 17 h 15, le fort italien du Chaberton prend toutefois l’ouvrage du Granon pour cible et ouvre le feu sur celui-ci.

Cette action intervient dans les derniers jours de la campagne des Alpes, alors que les positions fortifiées françaises du secteur de Briançon font face aux forces italiennes.

Malgré sa conception initiale ambitieuse et les différents travaux entrepris au cours des années 1930, l’ouvrage du Col de Granon demeure ainsi une réalisation inachevée. Son histoire illustre les difficultés rencontrées pour achever les petites fortifications du secteur de Briançon, dont plusieurs projets furent réduits ou réalisés tardivement en fonction des priorités et des moyens disponibles.

Sources: Wikimaginot